vendredi 31 mai 2013

A un train d'enfer

Jo Witeck, Peur express, Actes Sud Junior, 2012 [320 p.]


Mon résumé :

         Durant le voyage Paris-Lyon, six adolescents doivent affronter leur plus grande peur. Illusion ? Réalité ? Les événements s'enchaînent à un train d'enfer.


Ce que j'en pense :
         
J'ai bien aimé.

 L'auteur nous entraîne facilement dans cette nuit infernale où les événements s'enchaînent à vitesse grand V - malgré un TGV à l'arrêt - pour la conductrice, le pauvre contrôleur et la serveuse.

Les personnages sont nombreux et, dans l'ensemble, attachants – mention spéciale à Robert Jean. Les adolescents sont, chacun à leur manière, abîmés par la vie et douloureusement seuls.


          L'intrigue est en trois temps : la présentation des personnages, le voyage en lui-même et l'enquête sur l'affaire du TGV 175. On passe ainsi de l'émotion au thriller pour finir par une enquête pure. Chaque partie est bien menée.


          Je pense tout de même que l'auteur pouvait aller plus loin : plus loin dans la nuit infernale, plus loin dans la finesse des portraits, plus loin dans l'explication de ces étranges phénomènes et éviter certaines facilités (Virgil atteint de TOC qui disparaissent subitement et miraculeusement...).

          On comprend assez vite de quoi il est question, ce qui rend la fin sans grande surprise.


          En bref, un récit entraînant et agréable sans grande prétention.


Musique :



    

lundi 27 mai 2013

On ne nait pas héros

Kengô Hanazawa, I am a hero. Tomes 1 et 2, Edition Kana, 2012 [244 p.]



Mon résumé :

         
        Hideo Suzuki est un jeune trentenaire empêtré dans une vie médiocre entre son travail pour un mangaka à succès, sa petite amie caractérielle et ses nombreuses peurs et hallucinations. Quand un étrange virus se repend dans la ville, il n'aura d'autres choix que de prendre sa vie en main.


Ce que j'en pense :
         
        
 Je n'ai pas aimé.
 En premier lieu, je n'ai pas compris l'intrigue. Nous sommes plongés dans la tête d'Hideo qui est un être secoué, entouré d'événements terrifiants qui le dépassent. J'ai d'abord eu du mal à faire la différence entre ses hallucinations et la réalité. Je ne saurai d'ailleurs dire avec certitudes si toute l'intrigue ne repose pas sur une psychose supplémentaire de notre héros...

        Le rythme est vraiment lent. J'ai lâché rapidement. Je n'ai ainsi été ni secouée ni en attente de quoi que ce soit ni concernée par le devenir d'Hideo.

        Au niveau graphique, j'ai eu un mal fou à reconnaître les personnages. Seules les scènes d'horreur et de violence sont particulièrement saisissantes. C'est gore. Les habitants sont peu à peu atteints d'un virus qui les fait se manger entre eux. Quant aux « rescapés », le chaos qui les entoure les libère et les pousse à commettre différents actes extrêmement violents – égorgements, émasculations, etc.

        Pour finir le personnage m'a vraiment rebutée. Il ne cesse d'ergoter, et, engoncé dans ses hallucinations, est complètement en décalage avec ce qui se passe autour de lui. Je l'ai trouvé con, en fait. Alors, quand l'intrigue se focalise essentiellement sur son héros et que celui-ci est franchement misérable, c'est vraiment pas gagné...
        En bref, je suis passée (et restée) totalement à côté.


Musique :





Challenges :


dimanche 26 mai 2013

Le Tour du Monde en 8 ans



A défaut de voyager avec le corps, je me lance dans un Tour du Monde par les livres.


Le principe

Créé par Helran, le challenge du Tour du Monde en Huit ans a pour but de découvrir la richesse de la littérature de chaque pays. Il consiste en la lecture d'un auteur de chaque nation avant la fin 2020.

Les différents niveaux sont : 
* Touriste : 30 pays ;
** Routard : 70 pays ;
*** Voyageur : 100 pays ;
**** Globe trotteur : 193 pays ;
***** Bourlingueur intrépide : 206 pays.



Je me suis inscrite comme "Routard". Les prochaines destinations sont à venir ^^

1ère destination : les Etats-Unis [Joan Didion]
2ème destination : le Canada [Catherine Mavrikakis]
3ème destination : la France [Blandine Le Callet]
4ème destination : Haïti [Lyonel Trouillot]
5ème destination : le Japon [Kengô Hanazawa]
6ème destination : Israël [Amos Oz]
7ème destination : la Belgique [Amélie Nothomb]
8ème destination : l'Islande [Bergsveinn Birgisson]


Je ne peux pas m'empêcher d'ajouter cette musique là :


mercredi 22 mai 2013

Dans la vie faut pas s'en faire...

Gabrielle Lord, Conspiration 365. Tome 01 : janvier, Rageot, 2009 [207 p.]

Mon résumé :

         31 décembre. Cal Ormond, 15 ans, fait une étrange rencontre. Un homme l’exhorte de se cacher pendant l’année à venir s'il souhaite survivre. Le jeune héros entre alors à ses dépens dans une temporalité infernale : 365 jours où dangers et enquête se côtoient.


Ce que j'en pense :
         
         Pauvre Cal…

        Le 1er janvier de la nouvelle année, il doit affronter : 1/ une terrible tempête maritime, 2/ le naufrage de son bateau, 3/ la férocité de deux requins et, 4/ le cambriolage de la maison familiale…

Au cas où il n’ait pas véritablement compris la terrible prophétie de la veille… Au cas où nous n’aurions pas véritablement compris la terrible prophétie de la veille… Quand je lis en fin d’ouvrage que l’auteur se fait un point d’honneur à donner une place de choix à la crédibilité de l’intrigue, il est vrai que j’en reste coite…
 

        L’écriture est bien trop simpliste.

        Le rythme est rapide : chaque chapitre représente une journée, elle-même divisée en heures et lieux. La lecture est ainsi très facile d‘accès.


        Les personnages ne sont pas aboutis, tout juste vaguement esquissés.

Cal est un simple vecteur d’enquête. Il n’est guère un personnage à qui l’on s’attache. Son manque de caractéristiques facilite cependant l’identification. Il est un héros « tout prêt », un corps narratif dans lequel on se glisse sans difficultés.
Seul l’oncle est accompagné d’un certain mystère - on ne connait guère ses intentions, s’il est là pour protéger ou pour blesser sa famille.
 

         Une des faiblesses de l’ensemble réside dans le fait que, comme nous vivons l’aventure exclusivement à travers Cal, nous ne pouvons nous empêcher de juger ses actes et réactions. Sa mollesse m’a ainsi particulièrement agacée, tout comme sa passivité et ses actes un peu couillons.
D’autant plus que peu de suspense se trouve dans ce roman malgré les dangers qui rôdent autour du jeune héros. Le principal intérêt de l’intrigue réside dans la découverte du lourd secret familial, de la Singularité Ormond.
 

        L’ensemble a toutefois le mérite d’être efficace : l’action emporte la lecture, l’intrigue pousse à tourner les pages et donne envie de lire le deuxième tome.
Alors, de simple victime dans ce premier tome, j’espère que Cal prendra peu à peu les rennes de l’histoire dans les suivants.


        Je suis plutôt curieuse de savoir si l’ouvrage va plaire aux ados, même si, pour eux, je préférerais des intrigues plus abouties, plus exigeantes. Néanmoins cela peut être une bonne entrée dans la littérature pour les faibles lecteurs.


Musique :




Challenge :

    

mardi 21 mai 2013

Retour aux sources

Lyonel Trouillot, Yanvalou pour Charlie, Actes Sud, 2009 [174 p.]

 
Mon résumé :

        Mathurin D. Saint-Fort, jeune avocat travaillant pour un ambitieux cabinet de Port-au-Prince, avance dans la vie avec de nouveaux habits oubliant peu à peu son passé et ses origines. Quand Charlie, un adolescent désœuvré et en cavale, fait irruption dans sa vie pour lui demander de l'aide, les souvenirs qu'il a tant souhaité oublier vont se rappeler à lui.


Ce que j'en pense :
         
         C'est ma première lecture d'un des grands messieurs de la littérature haïtienne, le poète Lyonel Trouillot - lecture qui trotte dans ma tête depuis quelques années déjà.
        

        Je suis embêtée car j'ai sans doute moins accroché que j'aurai pu.

        Le récit m'a plu - c'est un très joli texte à forte puissance poétique. L'alternance des quatre voix est bien menée, et celle de Charlie particulièrement remarquable.


        L'auteur met en scène deux types de regard et d'égard vers les origines, vers Haïti : l'omniprésence du passé (Anne) et l'oubli forcené de ce que l'on a été pour avancer (Mathurin/Dieutor). Les dernières lignes du récit montrent toutefois qu'une troisième voie est possible.

        
         Je suis toutefois ennuyée pour en dire plus...

         Je pense que c'est un texte fort et marquant que je n'ai pas rencontré au bon moment. Reste alors un simple beau récit plaisant. Ce qui est déjà beaucoup.

Musique :





Challenges :



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lundi 20 mai 2013

Bienvenue dans l'infiniment petit

Michael Grant, BZRK, Gallimard Jeunesse, 2012 [433 p.]


Mon résumé :

        Le récit s'ouvre en 2040 sur deux jeunes adolescents qui doivent faire face à de terribles drames personnels. Noah peine à comprendre la folie dans laquelle est plongé son frère ainé. Sadie voit, quand à elle, le jet de son père et son frère s'écraser sous ses yeux.  Nos deux jeunes héros peuvent-ils se douter que ces drames sont liés à une féroce guerre dans le nano entre l'agence des terribles siamois Armstrong et celle de l'énigmatique BZRK ?


Ce que j'en pense :
          
             Je n'ai pas accroché.

           En premier lieu, je n'ai pas compris grand-chose. L'auteur dépeint un univers dont il nous donne très peu de clés. Ce n'est ainsi pas tant l'intrigue qui est complexe que l'écrivain qui se refuse à nous éclairer, qui distille au compte-goutte les éléments.

Je peux autant le comprendre lorsqu'il veut nous faire vivre la perte de repères de nos jeunes héros plongés dans le nano, mais, dans l'ensemble, cette opacité forcée m'a agacée.
         

           Le combat qui fait rage m'a aussi laissée de côté. Les deux agences qui s'affrontent sont tout aussi fanatiques l'une que l'autre. BZRK se bat pour préserver la liberté individuelle, les frères Armstrong ont, quand à eux, envie de garantir la paix et le bonheur de l'humanité. Deux objectifs plutôt louables, mais qui justifient pour eux une violence absolue aussi bien dans le macro que dans le nano.
Et encore, ce n'est pas tant la violence qui m'a dérangée que le fait qu'elle soit banalisée, sortie de la réalité car apparentée à un jeu vidéo.
 

           Les personnages, qui, eux, auraient pu permettre d’adhérer à un clan, m'ont tout autant laissée indifférente.
L'issue du combat m'a ainsi naturellement désintéressée...
 

           Je me suis donc ennuyée dans l'ensemble ; notamment à cause des descriptions obscures, beaucoup trop longues, voire carrément lourdingues lorsqu'il s'agit de décrire la fortune de la famille de Sadie.

          Il est vrai cependant que l'écriture est plutôt efficace ; le récit est, malgré toutes ces faiblesses, relativement prenant.
 

          En bref, le premier tome d'une trilogie dont je ne suis pas sûre d'avoir envie de lire la suite. Je suis par contre curieuse de savoir ce qu'en penseront nos grands élèves.


Musique :





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dimanche 19 mai 2013

Plongée dans l'horreur

Jean-Baptiste Harang, Bordeaux-Vintimille, Grasset, 2013 [121 p.]


Mon résumé :

        Rachid Abdou, jeune algérien de 26 ans, prend place à bord du Bordeaux-Vintimille, voiture 113, dans la nuit du 13 au 14 novembre 1983. Il ne se doute pas que, dans quelques heures, il deviendra le bouc émissaire de trois jeunes candidats à la Légion étrangère qui le roueront de coups, le poignarderont et le jetteront sauvagement sur les rails.


Ce que j'en pense :
         
         Je ne l'ai pas lu comme un roman mais bien comme le récit journalistique d'un fait divers, un terrible fait divers. L'auteur a d'ailleurs suivi l'affaire à l'époque en tant que journaliste pour Libération.
        

        Il en livre une tragédie implacable.

        Le récit est court, dénué d'émotions et de jugements, à l'écriture clinique, acérée, perturbante.


        Rachid, qui rentre discrètement à Oran, déçu que la rencontre avec Patricia, sa correspondante bordelaise, n'ait pas abouti sur autre chose, et enchanté de l'accueil des français, va connaître l'horreur aux prises de trois aspirants légionnaires ivres d'alcool et de rage.


        En ressort le malaise. Malaise face à ces quelques minutes de violence extrême, quasi inexplicables et inexpliquées. Malaise face au silence et à l'indifférence des 95 témoins présumés. S
eul le personnage du contrôleur, Florent Lopez, porte l'humanité dans cette sordide affaire - seul à tenter de sauver le jeune homme et seul à se sentir coupable de sa mort.

        Un récit glacé et glaçant à ne pas manquer.


Extrait :

"Mon fils, je l'ai élevé comme un arbre. Et je ne l'ai plus revu. J'ai planté un arbre et on me l'a arraché." [p.103]


Musique :




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